l Être initié...  
   

Un but à atteindre : l'inaccessible étoile...

« Un Maçon est obligé, en vertu de son titre, d’obéir à la loi morale ; et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin sans religion. Dans les anciens temps les Maçons étaient obligés dans chaque pays, de professer la religion de leur patrie ou nation quelle qu’elle fût ; mais aujourd’hui laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus à propos de les obliger seulement à suivre la religion, sur laquelle tous les hommes sont d’accord. Elle consiste à être bons, sincères, modestes et gens d’honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu’on puisse être distingué : d’où il s’ensuit que la Maçonnerie est le centre de l’Union, et le moyen de concilier une sincère amitié parmi des personnes qui n’auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ».

C’est ainsi que le pasteur James Anderson ouvre les pages des Constitutions qui portent son nom et plus encore, les pages de la Franc-Maçonnerie moderne. Nous sommes alors en 1723 et le socle constitutionnel de la Franc-Maçonnerie est alors pour celle-ci un projet encore aujourd’hui en devenir : être le centre de l’union.

C’est pour réaliser ce projet que se réuniront autour d’Armand Rey : Fossorier, 40 ans, commis négociant ; Prosper Stratte, 32 ans, entrepreneur ; Paul Renavant, 26 ans, conducteur des Ponts et Chaussée ; Marigue, 39 ans, comptable ; Casimir Jatre, 39 ans, maître serrurier ; Alphonse Audan, 35 ans, négociant ; Joseph Félix Clet, 32 ans, entrepreneur ; Jules Roguin, 37 ans, mécanicien sur le Paris – Lyon - Marseille ; Benoît Cléchet, 50 ans, entrepreneur ; Jean Delminique, 42 ans, tuilier ; André Vigier, 53 ans, maréchal ; Louis-Joseph Robert, 39 ans, maître charpentier ; Chaudin, 39 ans, gantier ; Hippolytte Bouvat, 37 ans, rentier.

Ils constitueront le 11 juillet 1869 la Respectable Loge Saint-Jean d’Écosse n° 206, L’Alliance Écossaise.

Nous allons vous conter leur histoire, et vous inviter au voyage avec les uns, célèbres, et les autres, anonymes, qui ont construit la Franc-Maçonnerie grenobloise en général et cette Loge en particulier. Nous allons partager avec vous certains de leurs travaux les plus récents.

Histoire, voyage, travaux…Présenter la Franc-Maçonnerie dans sa globalité et ce qu’elle représente pour chacun de ceux qui la composent est sans doute une tâche impossible. Les quelques pages de ce site ne vous propose de vous faire découvrir que quelques-uns de ses aspects. Comme pour les hologrammes, peut-être, le tout sera-t-il présent dans chacune de ses parties ?

Ces pages sont surtout un hommage au projet et aux hommes. Un hymne à la liberté et à la fraternité. À cette liberté de croire ou de ne pas croire, de penser, d’agir. À cette fraternité qui n’est ni l’alibi de quelques amitiés douteuses, ni un vain mot, mais une aspiration, un rapport à l’autre dans la progression initiatique.

Cette liberté et cette fraternité auront véhiculé depuis des siècles une tradition à la fois ancrée dans le passé et tournée vers l’avenir. Les initiés s’y ressourcent et y trouvent motif d’espérer. Être initié, c’est vivre cette tradition : accomplir aujourd’hui la synthèse entre hier et demain.

Être initié, c’est tracer une ligne. Une ligne pour soi, pour l’autre, pour la cité.

Avec ces pages, nous réalisons une partie de nos devoirs d’homme : celui de la transmission. Avec ces pages, lecteur, apprenez que si secret il y a, il ne résulte ni de nos rites, ni de nos travaux, ni de nos mots, ni de nos signes.

Notre secret est dans notre cœur, il est inexprimable. « L’essentiel est invisible pour les yeux » (Saint-Exupéry). Notre secret ne se dit pas, ne se communique pas. Il se devine dans le centre du monde que nous recréons à chaque travaux: la Loge.